Comment être manager dans le monde de demain

S’il y a bien une chose que nous a révélé la crise sanitaire du COVID19, c’est que le monde est de plus en plus incertain et imprévisible. Qui peut imaginer ce que sera le monde d’ici la fin d’année ? Entre couvre-feu, reconfinement et nouvelles mesures…

Le concept VUCA permet toutefois d’appréhender les mutations de ce nouvel environnement ; chez Etico, cabinet de conseil sur Bordeaux, nous considérons en tout cas qu’il s’agit d’un outil très pratique pour aider les entreprises à s’adapter.

Mais au fait, qu’est-ce que c’est que cet acronyme ?

Le monde VUCA – Adapter l’organisation de son entreprise

On parle du qualificatif VUCA pour décrire le monde.
Ce terme date des années 90 par l’armée américaine afin de décrire le monde après la chute de l’URSS. En effet, celui devenant multipolaire, fini l’ennemi bien identifié.
Le terme VUCA signifie :

  • Volatility (Volatile). La volatilité démontre l’inconstance des situations et des concepts. On ne peut plus saisir les concepts, les idées. Le monde nous donne le sentiment de nous échapper et nous perdons toute maîtrise des situations. La gestion de la crise sanitaire s’est montrée des plus flous et nous a montré clairement que personne ne contrôlait la situation.
  • Uncertainty (Incertain). L’incertitude montre qu’il n’y a plus de vérité fiable. Les bonnes pratiques d’aujourd’hui ne sont pas celles de demain. Le monde devient donc imprévisible. Personne n’est capable de savoir un concurrent redoutable sorti de nulle part ou une rupture technologique mettant à mal des années de travail.
  • Complexity (Complexe). La complexité est liée à une multitude d’interactions, rendant la recherche de la cause initiale désuète. La complexité est aussi un concept qui rend le retour à une situation antérieure impossible, car le nombre d’éléments à maîtriser est trop grand et inconnu. C’est exactement le cas qui se présente lors de toute transformation d’entreprise, numérique ou non.
  • Ambiguity (Ambigu). L’ambiguïté est présente lorsqu’il est impossible de discerner le vrai du faux, ou les liens de causes à effets. Au final, il n’y a aucune vérité sur laquelle s’appuyer, car tout est remis en question. On peut voir à quel point ce concept est d’actualité au vu des difficultés à trouver la bonne information.

Typologies d’organisations dans un monde VUCA

Je vous propose un découpage un peu particulier afin d’appréhender les organisations.
Comme toute classification, rien n’est aussi figé et la réalité chevauche sur plusieurs visions d’entreprise.
On peut voir 3 types d’organisations :

  • Les organisations centrées sur le passé : Ces types d’organisation tirent expérience du passé.
    Elles reprennent les bonnes pratiques vues par le passé pour les reproduire aux problématiques actuelles. Suite à des expériences, on en tire des règles et des processus que l’on applique pour l’avenir. La difficulté de ces organisations se déroulent lors de situations de fortes pressions. Elles vont s’arque bouter sur ce qui a marché dans le passé. On retrouve souvent ces phrases « C’était mieux avant » ou « Du temps de M. Dupont, c’était quand même autre chose ». Dans ce type d’organisation, le changement est perçu comme dangereux et à fuir autant que possible.
  • Les organisations centrées sur l’avenir : ces organisations ont tendances à se projeter et à planifier au maximum afin de développer l’entreprise. On regarde le potentiel de l’entreprise et on va piloter ce développement. On y retrouve de l’innovation, des budgets, des objectifs, des projets avec planning. Le pendant de ces organisations se focalise sur la projection que l’organisation a définie, sans tenir compte de la réalité. Si la réalité démontre l’impossibilité du projet, l’entreprise peut la nier pour la faire rentrer dans les prévisions et les budgets. Cette organisation a besoin d’une vision et d’une stabilité sur cette période.
  • Les organisations centrées sur le présent : Nous retrouvons des organisations agiles et adaptables. On retrouve aussi le domaine de l’amélioration continue. Leur temporalité est le présent, c’est-à-dire que l’action prédomine sans plan, ni process. Le fonctionnement est par itération, on teste une nouvelle méthode. Si celle-ci fonctionne, on la garde, dans le cas contraire, on la laisse tomber. Et tout peut être remis en question dès qu’il y a un dysfonctionnement. Le risque est de se perdre dans l’action sans vision ni ligne directrice. Chacun génère de nouvelles idées avec beaucoup de créativité sans cohérence ni liant, ce qui peut amener à des pertes importantes d’énergies.

Ce n’est qu’un découpage non exhaustif, mais qui va nous permettre d’illustrer de quelle manière ces organisations évoluent dans un monde VUCA.

Les entreprises dans un monde VUCA

Sans surprise, dans un monde totalement nouveau dans lequel la projection n’excède pas le mois voire la semaine, la seule manière de piloter est bien de se focaliser sur le présent.

Aujourd’hui, nous voyons l’agilité et l’adaptabilité s’imposer comme une manière de fonctionner. Et on comprend pourquoi : le monde évolue et ce sont les organisations centrées sur le présent qui sont les plus adaptées aujourd’hui.

“Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue.” Victor Hugo

La manière de piloter est de fonctionner par vision et par itération.

On fixe une vision, une idée qui nous met en mouvement. Celle-ci doit être inspirante mais suffisamment large pour laisser une grande marge de manoeuvre. Et au quotidien, il s’agit d’agir le plus simplement possible avec une question : « Pour atteindre notre vision, quelle est la prochaine action ou le prochain projet ? » sans savoir combien de temps cela prendra, ni les étapes à venir.

Il s’agit de faire un pas. Puis de lever la tête et regarder comment l’environnement bouge. Et d’ajuster le pas suivant. Puis regarder à nouveau ce qui a bougé etc…

Et les managers dans tout ça ?

Dans un monde VUCA, les managers doivent également réinventer leurs pratiques et leur posture.
On l’a vu, contrôler et prévoir n’est plus adapté, il est donc nécessaire d’abandonner cette posture avec les objectifs, les plannings, … Et c’est loin d’être évident.

Il va s’agir de ressentir et de capter la vision afin d’ajuster sans arrêt l’action afin d’éviter de se perdre. Dans ce cas, les signaux faibles de l’environnement ou en interne prennent une place de premier ordre.

Ce changement demande une réelle montée en compétences sur les soft skills : L’écoute, l’intelligence émotionnelle, l’esprit critique, l’esprit d’équipe… Ce sont ces compétences non techniques qui vont permettre de créer du lien afin de garder une équipe soudée.

Tout savoir et avoir réponse à tout n’est plus l’essentiel. Il s’agit d’inspirer et de mettre en lien ses équipes. Ce qui nous rapproche d’une posture de leader et nous détache d’une posture de manager/responsable.

Le cabinet ETICO propose des accompagnements en transformation d’entreprise pour faire évoluer sa posture de manager afin de nager comme un poisson dans un monde VUCA.

Etienne Brunet

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